La transgression comme processus de subjectivation féminine dans Cette fille-là de Maïssa Bey
Transgression as a Process of Female Subjectivation in Cette fille-là by Maïssa Bey
Résumé
Le roman Cette fille-là de Maïssa Bey met en scène la parole d’une femme internée dans une pension pour femmes, lieu d’exclusion et de relégation sociale. À travers une narration introspective et fragmentée, l’auteure donne à entendre une voix féminine marginalisée, marquée par le rejet, la souffrance et le silence imposé. Dans cet espace clos, la transgression ne relève pas d’un acte spectaculaire mais d’une reconquête progressive du langage et du corps. Cet article interroge les formes et les enjeux de cette transgression langagière, sociale, symbolique, comme stratégies de subjectivation dans une société patriarcale où les femmes sont réduites au silence. L’étude mobilise une approche socio-critique et féministe, croisant les apports de Foucault, Freud, Kristeva et Cixous.
Abstract
Maïssa Bey’s novel Cette fille-là stages the voice of a woman confined in a boarding house for women, a place of exclusion and social relegation. Through an introspective and fragmented narrative, the author brings to light a marginalized female voice, marked by rejection, suffering, and imposed silence. Within this enclosed space, transgression does not take the form of a spectacular act but rather of a gradual reclaiming of both language and the body. This article examines the forms and stakes of such transgression—linguistic, social, and symbolic—as strategies of subjectivation in a patriarchal society where women are condemned to silence. The study adopts a socio-critical and feminist perspective, drawing on the contributions of Foucault, Freud, Kristeva, and Cixous.









