Ecrire la guerre dans Nos silences de Wahiba Khiari

Writing the War in Nos silences by Wahiba Khiari

  • Aïcha SIDI YACOUB Université Belhadj Bouchaib, Ain-Témouchent/ALGÉRIE
Mots-clés: Guerre, Wahiba Khiari, fragmentation, sororité, poétique de la peur

Résumé

Le présent article se propose d’interroger, dans leur fonctionnement et leurs finalités, les procédés scripturaux mobilisés dans le roman Nos silences (2009) de Wahiba Khiari, afin de présentifier et de dénoncer la guerre de la décennie noire en Algérie. Dans ce roman de la visibilisation féminine, la narration s’adapte pour accueillir trois voix de femmes qui racontent, chacune à sa manière, les affres de la guerre. L’écriture fragmentaire qui s’y dévoile, inventive et efficiente, parvient à suppléer un langage défaillant face à l’indicible de la guerre, en engendrant une structure kaléidoscopique, capable de traduire l’innommable. De plus, l’entrelacement de ces voix féminines au sein de cette fragmentalité de l’écriture, met en lumière une sororité scripturale, opposant symboliquement une solidarité empathique à la domination guerrière. En dernier lieu, dans ce roman de la différence, les motifs, le froid, la peur et la hantise de la mort, participent à la construction d’un espace d’expression où les expériences féminines douloureuses, pendant la décennie noire, peuvent enfin prétendre à la représentation et à la reconnaissance.

Abstract

This article aims to examine, in terms of both their mechanisms and purposes, the scriptural processes employed in the novel Nos silences (2009) by Wahiba Khiari, in order to render present and denounce the war of Algeria’s Black Decade. In this novel of female visibility, the narration is reshaped to accommodate three women’s voices, each recounting in her own manner the horrors of war. The fragmentary writing style revealed in the novel—both inventive and effective—ultimately succeeds in compensating for the shortcomings of language when confronted with the unspeakable, generating a kaleidoscopic narrative structure capable of conveying the unnameable. Furthermore, the interweaving of these female voices within this textual fragmentedness brings forth a scriptural sisterhood that symbolically counters the violence of war with a form of empathetic solidarity. Finally, in this novel of difference, recurring motifs—cold, fear, and the haunting presence of death—contribute to constructing a space of expression in which the painful experiences of women during the Black Decade can now aspire to representation and recognition.

Publiée
2026-04-15
Comment citer
SIDI YACOUB , A. « Ecrire La Guerre Dans Nos Silences De Wahiba Khiari  ». Langues & Cultures , Vol. 7, nᵒ 01, avril 2026, p. 145-5, https://jlc.univ-adrar.edu.dz/index.php?journal=jlc&page=article&op=view&path[]=839.